Les Bains de la Reine

Les Bains de la Reine

bains de la reineConstruction aux environs de 1377 par Jeanne de Navarre (fille du roi de Navarre) épouse de Jean Ier de Rohan.
Situation initiale : dans le jardin au dessus du petit pont que l’on aperçoit de la porterie.
Il s’agit d’une étuve qui fonctionne comme des termes romains.
Il y a une pièce froide suivie d’un caldarium (qui lui est tiède) et l’étuve.
Le tout est adossé à la cuisine des bains où l’on brûlait le bois et récupérait les braises chaudes afin de les placer sous l’étuve dans l’hypocauste.
Cela permettait de chauffer le sol de l’étuve mais aussi les cloisons de la voûte.
Deux auges ou lavabos étaient reliés à la salle de chauffe ou cuisine par des canalisations alimentées en eau chaude et en eau froide.
Il fallait jeter de l’eau chaude sur le sol chaud et cela provoquait de la vapeur.
Deux bancs de pierre longeaient les faces les plus longues.
Dans l’épaisseur de la voûte était aménagé un conduit ramenant l’air chaud des conduits vers la cheminée principale. L’hypocauste était alimenté en air chaud par deux conduits disposés au fond de l’âtre. Apparemment un double appel d’air était pratiqué pour faire circuler l’air chaud sous le dallage et le long des murs.
Les bains possédés par Guémené seraient un élément isolé de trois cabines successives, le tout se trouvait à l’intérieur d’un logis et n’était pas un bâtiment isolé comme on l’a longtemps supposé.
Quand le château a servi de carrière au 18è siècle, seule cette cabine a été gardée probablement parce qu’elle était travaillée d’un point de vue architectural.
A l’intérieur des croisés d’ogives partent de quatre culots sculptés qui représentent deux visages de femmes dont une serait Jeanne de Navarre, un animal fantastique et le diable.

La clé de voute

La clé de voute

La clé de voûte est un soleil avec tête.
Style : Gothique.
Cette étuve collective n’aurait servi que peu de temps, à l’époque médiévale la notion de pudeur n’existe pas mais elle voit le jour à la renaissance (et à pour effet un manque d’hygiène total chez les gens de l’époque), cela implique que ce genre d’édifice rare n’aurait servi historiquement qu’un siècle environ.
A la Renaissance, 150 ans après on parle de buanderie en désignant les bains.
L’étuve a subi de nombreuses transformations. Sur les deux bancs, un seul est d’origine. L’une des ouvertures laisse apparaître des traces de vitraux qui n’étaient pas d’origine.

 

chemineebains
L’hypocauste des bains de la reine

Histoire de l’étuve
Après 14/18 : modernisation de Guémené
Destruction des halles et de l’ensemble des maisons qui prolongeait le bâtiment de la médiathèque, destruction des ruines du château en 1960 pour y faire un lotissement.
Les bains sont alors vendus à un antiquaire de Vitré qui numérote les pierres.
Avant leur départ de Guémené Monseigneur de Villeneuve a dessiné les bains et réalisé un calepinage avec une numérotation des pierres mais de nombreuses erreurs le rendent difficilement exploitable et donne seulement une idée de l’allure générale des bains.
Les bains sont donc remontés à Vitré avec quelques erreurs et des pierres égarées qui ont été refaites (avec des pierres de la région de Vitré que l’on reconnait à leur couleur et à leur granulométrie)
Ils servent à ranger des outils de jardinage en 1929.
En 1976, l’antiquaire décède, les héritiers veulent construire un lotissement sur son domaine.
Le conservateur de la région de Vitré fait arrêter les travaux de destruction et empêche la destruction des bains qui sont classés à l’Inventaire Général des Monuments Historiques.
La demande est faite à un principal d’un lycée technique et à ses élèves en maçonnerie de démonter les pierres. Cela est fait sans trop de soin mais le monument est néanmoins sauvé et les pierres sont entreposées dans un hangar de la région de Vitré.
Le hasard fait qu’un jour, une citoyenne de Guémené a pris connaissance de cela et elle en fait part au maire de l’époque et à son adjoint (J. MOËC et C. PERRON).
Une demande de restitution est faite afin de ramener les pierres à Guémené mais comme elles sont répertoriées à l’Inventaire Général des Monuments Historiques, il faudra attendre la loi du Musée du 02/01/2002 qui donnera l’autorisation de les déplacer.
Elles arrivent sous forme de « tas de cailloux » en novembre 2003.
L’architecte des bâtiments de France met en relation la municipalité avec Monsieur Léo GOAS architecte très compétent en architecture et patrimoine médiéval. Il refait tout le calepinage et annonce qu’il manque 25 pierres dont plusieurs appartiendraient à l’hypocauste qui se trouve sous l’édifice. On peut supposer que les pierres des fondations seraient restées sur place.

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