Le château

LE CHATEAU, SA CONSTRUCTION

11e siècle

Le château est une simple motte féodale, probablement une motte castrale, c’est à dire un simple donjon de bois avec des structures maçonnées, sur une motte cernée de fossés, où résident le Seigneur et les hommes à son service.

Fortification construite sur la paroisse de Locmalo (Guémené n’existe pas encore) à un endroit stratégique, en hauteur afin de contrôler le passage sur le Scorff.

C’est une société avec un fonctionnement des « trois ordres » (Noblesse – Clergé – Tiers Etat)

Le Seigneur exerce ses pouvoirs banaux sur les habitants des alentours : droits de passage, droits sur les fours, les moulins, les pêcheries…

12e siècle

Un château est construit par la famille Beaumer, mais il semble encore de taille modeste.

14e siècle

Il est pris par les anglais en 1342 et concédé par Edouard III à un de ses capitaines, Roger Davy, qui entreprend de grands travaux au nord-ouest de l’enceinte dont la partie des vestiges actuels, qui sera appelée le Castel Anglais.

L’histoire a raconté que les Anglais ont remonté le Scorff en bateaux afin d’atteindre le château, ce qui est une absurdité lorsque l’on connaît la largeur de nos rivières : il s’agissait en fait de nefs (petits radeaux).

Roger Davy se marie avec Jeanne de Rostrenen, veuve du vicomte de Rohan. Et par mariage successif le château tombe dans « l’escarcelle » des Rohan.

Les Rohan en font un véritable château fort, c’est de là que vient le nom de Kémené – le fief du Seigneur – qui va donner son nom à la ville : Guémené.

Ce qui explique que Locmalo entoure Guémené puisque la ville va se construire autour de ce qui était la première motte féodale située à l’époque sur la paroisse de Locmalo.

C’est à cette époque, semble-t-il que furent construits les Bains de la Reine, vers 1377, par Jean Ier de Rohan pour sa seconde épouse Jeanne de Navarre.

(Sorte d’étuve formée de plusieurs chambres en enfilade avec des températures graduées qui permettaient au baigneur de passer sans brusque changement de la fraîcheur de l’air extérieur, à l’air brûlant de l’étuve et vice versa).

15e siècle

Entre 1474 et 1486, Louis II de Rohan met en place l’enceinte fortifiée. Il réunit l’ensemble des sept tours (sans compter le donjon) dessinant un octogone aux côtés inégaux en construisant des remparts garnis de créneaux d’une longueur de plus de 300 mètres, d’une épaisseur de 2 mètres 50 et d’une hauteur allant de 15 à 18 mètres. Ceci créant une superficie de 2 hectares environ. Le périmètre défensif comportait une ceinture de fossés remplis d’eau d’une largeur de 25 à 30 mètres.

Deux portes que fermaient des ponts levis permettaient l’entrée au château, l’une à l’est, la porte de la ville et l’autre à l’ouest, la porte de la campagne. Dans le prolongement de celle-ci un pont qui enjambait les douves communiquait avec la porterie.

16e siècle

Marie de Rohan transforme le château en habitation de plaisance ; la tour d’archives (avec sa haute toiture à souche de cheminée et un portique supportant une galerie – formule à succès de la Renaissance).

On lui doit également la porterie (1520) encadrée de contreforts. C’est une entrée prestigieuse et symbolique qui est construite pour accéder à la cour d’honneur du nouveau logis (nor ar minourien : porte des riches). Les mâchicoulis ont davantage un rôle symbolique que de défense.

plan chateau guémené

LE CHATEAU : Destruction progressive

La Guerre des Ligues (1588-1598) opposant protestants et catholiques précipite l’abandon et la ruine du château. En 1589, le château est restauré, puis partiellement détruit car peu défendable. Il est occupé par les Espagnols qui y tinrent garnison entre 1594 et 1596. Il ne cesse de décliner par la suite car il est déserté par les Rohan Guémené.

Vers 1694 le donjon est partiellement détruit, ébranlé par un séisme et il devint urgent à cette date de le démolir ; ses matériaux furent employés à

construire le nouvel hôpital.

18e siècle

La ruine progressive du château s’amorce car les finances des Rohan ne leur permettent pas de l’entretenir ou servent à restaurer d’autres demeures plus confortables comme Pont-Calleck. Puis le château n’est plus que ruine et n’héberge que le capitaine, le fermier général et le concierge. En 1755, le prince Jules-Hercule de Rohan tente une restauration.

Sous la Révolution, le château est confisqué par l’Etat et tient lieu de caserne et de prison. Il résiste à une attaque des Chouans. Délaissé en 1815, il sert de carrière aux habitants de Guémené avant d’être vendu par l’Etat en 1843.

Lors du siège de Guémené, lorsque la ville a été attaquée, des prisonniers anglais ont aidé à la défense du château. On a retrouvé en 1910 les ossements de quatre d’entre eux (identifiés grâce à leurs boutons et plaques) enfouis à l’entrée du souterrain proche des prisons.

En 1850, l’édification du nouveau château (l’actuelle mairie) au centre de l’enceinte et le percement de la rue du Château en 1925 achève sa destruction.

Retour accueil guemene-sur-scorff.com